Anaruz :: Reseau National des Centres d’Ecoute des Femmes Victimes de Violences au Maroc

Lâ‚„avortement clandestin au Maroc : Rƒ©alitƒ© sociale et vide juridique

3 octobre 2007

Lâ‚„avortement clandestin se pratique quotidiennement au Maroc, par des gynƒ©cologues privƒ©s, par des mƒ©decins gƒ©nƒ©ralistes, par des sages femmes et des infirmiƒ¨res au domicile ainsi que par des charlatans. Câ‚„est une rƒ©alitƒ© mƒ©dicale, sociale et de santƒ© publique, pour laquelle les professionnels de la santƒ© et les autoritƒ©s sanitaires font la sourde oreille.

Pour Dr Chafik CHRAIBI, professeur de gynƒ©cologie ƒ la facultƒ© de mƒ©decine de Rabat et chef de service au centre national de santƒ© reproductrice, lâ‚„avortement clandestin, fait dans des conditions non mƒ©dicalisƒ©es, hypothƒ¨que la fertilitƒ© future, voire il met en pƒ©ril la vie de la femme qui le subit. Il estime quâ‚„ƒ peu prƒ©s 300 avortements clandestins sont rƒ©alisƒ©s chaque jour ƒ travers tout le Royaume. En sachant quâ‚„au Maroc, le taux de mortalitƒ© maternelle est de 227 /100 000 naissances. Soit environ 1000 femmes qui dƒ©cƒ¨dent au moment de lâ‚„accouchement, le pourcentage de mortalitƒ© par avortement est de 12% soit 120 dƒ©cƒ¨s par an Pr. C. CHRAIBI, prƒ©cise quâ‚„au Maroc, seul lâ‚„interruption thƒ©rapeutique de grossesse est lâ‚„avortement lƒ©galisƒ© et autorisƒ© au Maroc. Et il prƒ©cise, bien que lâ‚„avortement lƒ©gal ƒ des indications mƒ©dicales prƒ©cises, les pathologies maternelles graves ou pouvant ƒªtre aggravƒ©es par la grossesse, telles les cardiopathies, les nƒ©phropathies ou les rƒ©tinopathies, ainsi que les malformations f…€œtales graves ou lƒ©tales, il nâ‚„en demeure pas moins que le lƒ©gislateur ne prƒ©voit la lƒ©galitƒ© de lâ‚„avortement que dans le but de sauver la vie de la mƒ¨re ou dâ‚„ƒ©carter une menace grave qui pƒ¨se sur sa santƒ© physique ou psychique. La loi qui autorise lâ‚„avortement ne prƒ©voit rien pour le produit de conception. Câ‚„est une premiƒ¨re grande lacune, ƒ laquelle doit sâ‚„attaquer le lƒ©gislateur en urgence, scande Pr C.CHRAIBI.

Que dit la loi actuelle. Pour lâ‚„article 449 du code pƒ©nale, quiconque par aliments, breuvage, mƒ©dicaments, man…€œuvres, violences ou par tout autre moyen, a provoquƒ© ou a tentƒ© de provoquer lâ‚„avortement dâ‚„une femme enceinte, quâ‚„elle y ait consenti ou non, est puni de lâ‚„emprisonnement dâ‚„un ƒ cinq ans et dâ‚„une amende de 200 ƒ 500 dh. Si la mort en est rƒ©sultƒ©, la peine est la rƒ©clusion de dix ƒ vingt ans (art. 450). Si lâ‚„individu se livre habituellement ƒ ces actes, les peines sont doublƒ©es. Pour lâ‚„Art. 453, lâ‚„avortement nâ‚„est pas puni quand il vise ƒ sauvegarder la vie de la mƒ¨re ƒ condition quâ‚„il est consentement du conjoint. En lâ‚„absence de ce consentement, il faut avoir celui du mƒ©decin chef de la prƒ©fecture et en cas dâ‚„urgence, il suffit que ce dernier soit seulement avisƒ©. Pour lâ‚„Art. 454, la femme qui sâ‚„est livrƒ©e ƒ lâ‚„avortement est punie de six mois ƒ deux ans de prison. Pour lâ‚„Art. 455, puni lâ‚„avorteur de deux mois ƒ deux ans, mƒªme si lâ‚„acte nâ‚„a pas abouti. Et des mƒªmes peines, le vendeur des produits avortant et les complices dâ‚„avortement. De par sa pratique quotidienne, voyant des femmes se prƒ©sentant aux services des urgences, ayant introduit des produits contendants dans leurs vagins, ou ayant absorbƒ©s de breuvages, parfois trƒ¨s toxiques, dans des tentatives dâ‚„avortements, le Pr. C.CHRAIBI, lance un appel au lƒ©gislateur, de penser ƒ une actualisation des textes ainsi quâ‚„ƒ des formes de libƒ©ralisation de lâ‚„avortement, avec ƒ©videment des gardes fous trƒ¨s strictes. Et il donne pour preuve, les pays occidentaux, ou plus proche de nous la Tunisie, qui ont libƒ©rƒ© lâ‚„avortement, ou ils ont constatƒ©, quâ‚„il nâ‚„ y a pas pour autant plus dâ‚„interruption de grossesse, mais plutƒ´t une activitƒ© mƒ©dicale rƒ©glementƒ©e au profit de la santƒ© maternelle et infantile.

Source : www.lopinion.ma


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